08.10.2008
La dinomania
La dinomania (terme emprunté au paléontologue Stephen Jay Gould)
Ou comment on a pu croire que les dinosaures ont donné les oiseaux.
La théorie dinosaurienne s'appuie essentiellement sur le fait que l'archaeopteryx possède des plumes et un squelette de dinosaure. Mais les plumes des dinosaures sont imparfaites, la connaissance des oiseaux est insuffisante et l'action de l'environnement est méconnue.
La théorie dinosaurienne a bénéficié de facteurs irrationnels importants.
La nostalgie du passé. Inconsciemment beaucoup de gens regrettent la disparition des
dinosaures, animaux fabuleux qui ayant régné sur la terre pendant 140 millions d'années ont disparu totalement et mystérieusement. L'homme a besoin de héros. Faire des
oiseaux leurs descendants revient à prolonger leur existence.
Le goût du sensationnel. On a beaucoup prêté aux dinosaures. Il y en a eu pendant 140
millions d’années, certains très différents des vertébrés terrestres actuels. Avec parmi eux des herbivores à carapace, puissamment armés et des carnivores pourvus de dents et de griffes puissantes. Mais on les a représentés souvent plus féroces, plus rusés, plus agiles, que ce qu'ils étaient, probablement, étant donné leur grande taille (d'où leur lourdeur), leur température variable liée à un cœur imparfait (d'où une activité réduite) et leur cerveau très petit par rapport à leur poids (ils ne pouvaient être très malins).
Le goût du sensationnel a conduit à imaginer leur fin brutale provoquée par une catastrophe, généralement une énorme météorite qui, frappant la terre, les aurait grillés ou asphyxiés. Mais comment expliquer que leurs contemporains, des crocodiles, des mammifères, des oiseaux, des insectes, etc. aient survécu à ce cataclysme. La disparition des dinosaures a été progressive et naturelle: la dérive des continents, avec ses conséquences (volcanisme, variations climatiques, chaînes de montagnes, baisse du niveau marin, etc.) peut suffire pour expliquer cela.
Des assimilations abusives. Les reptiles volants (Ptérosauriens) n'étaient pas des dinosaures et
cependant très souvent les médias font l'assimilation, ce qui laisse croire que des dinosaures ont volé. Par analogie avec les oiseaux on a prêté aux dinosaures des aptitudes qu'ils n'avaient probablement pas: nidification, couvaison, soins aux jeunes,…Or non seulement leur parenté avec les oiseaux n'est pas prouvée (ceux-ci ont plus de caractères communs avec les mammifères qu'avec les reptiles actuels), mais tous les reptiles sont à température variable et sauf de très rares exceptions, ne veillent pas leurs œufs.
La notoriété de paléontologues surtout anglo-saxons. En accordant trop d'importance à
certains fossiles et pas à d'autres, ils ont, avec le concours des médias, popularisé leurs conclusions qui font des oiseaux "les derniers dinosaures". En l'absence d'une autre théorie, de nombreux paléontologues les ont suivis. Par la suite, ne voulant pas voir leurs écrits contestés, ils se sont opposés à la publication d'une théorie nouvelle, selon laquelle la plume a précédé le vol, le plumage a été mis en place grâce à une sélection sexuelle, et le vol découvert en milieu forestier.
Croire que les dinosaures sont à l’origine des oiseaux est l’erreur scientifique du siècle
Maurice Pomarède « originedesoiseaux.monsite.orange.fr »
14:55 Publié dans Sciences et technologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : oiseaux, dinosaures, évolution, vol, plume, origine
24.09.2008
Nouvelle théorie pour l'origine des oiseaux.
La théorie dinosaurienne n’explique pas l’aile des oiseaux.
Un autre oubli de Darwin concerne la sélection sexuelle si importante chez les oiseaux actuels, surtout manifeste lors des parades nuptiales, et qui expliquerait les somptueux plumages (paon, ménure lyre, paradisiers,…)
On notera que les plumes sont d’origine profonde (elles percent la peau) et sont comparables aux poils des mammifères et non aux écailles des sauriens dont l’origine est superficielle. Elles pourraient être aussi anciennes que les poils apparus au Permo-Trias il y a plus de 200 millions d’années et donc bien avant les dinosaures. L’embryologie montre qu’au départ leurs ébauches sont semblables.
Affabulation et oublis.
Parce qu’un oiseau ce n’est pas seulement des ailes mais toute une organisation, on a prêté aux dinosaures, sans aucune preuve indiscutable, des vertus empruntées aux oiseaux :un corps à température constante, la couvaison des œufs, une activité concertée,…alors que leurs organes internes sont pratiquement inconnus, que leur cerveau est très réduit par rapport à leur poids et que les reptiles actuels ne s’occupent pas de leurs œufs. La découverte dans le Liaoning, de dinosaures emplumés a conduit des paléontologues à imaginer un stade à 4 ailes ayant précédé les oiseaux (Eric Buffetaut). Pour diminuer leurs taille, certains ont envisagé une miniaturisation des dinosaures (Armand de Ricqlès), oubliant qu’un oiseau ce n’est pas seulement des ailes mais tout un organisme adapté au vol .
Les théropodes sont à bassin de saurien alors que d’autres dinosaures, les ornithopodes ont un bassin d’oiseau et semblaient les ancêtres les plus indiqués, certains ayant un bec. Mais leur trop grande taille les a éliminés car, et ceci est capital : le poids est l’ennemi du vol.. Les virtuoses du vol sont les colibris dont certains ont la taille d’un bourdon.
Les oiseaux ont certes une origine reptilienne mais les mammifères aussi, ce qui pourrait indiquer une origine commune mais lointaine, expliquant entre autres, la parenté de la plume et du poil. On a oublié que les oiseaux sont bien plus proches des mammifères que des reptiles actuels : homéothermie, circulation du sang, embryogenèse, sexualisation, ce qui rend une origine commune possible. (Philippe Janvier, La Recherche nov.1983)
Vers une théorie nouvelle
Ces diverses remarques ont conduit à une théorie nouvelle (1999), due à la collaboration d’un paléontologue (Paul Ellenberger) et d’un ornithologue (Maurice Pomarède) spécialisé dans l’étude du plumage. On doit à Paul Ellenberger l’étude d’un fossile découvert en 1974 dans lequel il a vu un ancêtre possible des oiseaux. Ce fossile qu’il a nommé Cosesaurus aviceps est l’empreinte d’un lézard bipède d’une quinzaine de cm de long, longue queue comprise. L’animal avait un crâne arrondi comme un crâne de merle actuel et il présentait des traces de plumes, aux bases bien apparentes au contact des cuisses et formant un éventail caudal. Il était du Trias moyen et donc antérieur de 50 millions d’années à l’archaeopteryx.. A. de Ricqlès grand défenseur de la théorie dinosaurienne a reconnu le caractère avien du crâne mais a refusé de voir des plumes dans ce qui aurait pu être les traces d’une membrane alaire (La Recherche juillet-août 1975) . En réalité il refusait d’admettre l’existence des plumes avant l’archaeopteryx.
M. Pomarède allait apporter sa connaissance des plumes et des oiseaux . Il révéla que le vol battu des oiseaux est inné. Les jeunes aux nid battent des ailes pour solliciter la nourriture, et le poussin à peine éclos court après sa mère en battant des ailes, alors que ses rémiges sont à peine esquissées. Pour lui la plume par sa complexité et ses diverses fonctions (protection, parure, vol) a dû apparaître bien avant le vol et Cosesaurus en est la preuve. Tout comme Ellenberger il était persuadé que l’origine des oiseaux était antérieure aux dinosaures.
Selon eux les oiseaux seraient issus de petits reptiles, à l’aspect de lézards, qui auraient acquis des plumes, puis des ailes et enfin découvert le vol en milieu forestier
Chez ces reptiles, des expansions cutanées rudimentaires et protectrices, seraient apparues au cours d’une période froide, peut-être à la fin de l’Ere primaire, il y a quelques 250 millions d’années. Ces expansions, au Trias, auraient pris de l’importance dans un but ornemental . En accumulant des pigments colorés issus de l’alimentation (propriété des oiseaux actuels), elles auraient provoqué une sélection sexuelle favorable aux individus les plus colorés, d’où l’augmentation de leur taille et leur forme aplatie pour exhiber la couleur. Les plumes seraient donc apparues pour plaire avant d’être récupérées pour le vol. En courant après des insectes, ces lézards seraient devenus bipèdes. Peu à peu, cette bipédie aurait entraîné la réduction des bras (comme chez les kangourous, les gerboises et de nombreux dinosaures), mais des plumes se seraient allongées pour compenser la réduction des doigts et elles seraient devenues des rémiges (plumes du vol). D’où des proaviens bipèdes et emplumés. En recouvrant les griffes, les plumes auraient permis leur disparition.
Les ailes, n’ont pu apparaître que parce que les plumes étaient déjà présentes.
Pour fuir les prédateurs, n’ayant plus de griffes, les proaviens, seraient passés en milieu forestier, Ils y auraient découvert le vol en sautant de branche en branche. Les ailes d’abord élémentaires auraient pu servir à divers usages comme chez les oiseaux actuels : faucon maintenant sa proie avec ses ailes pour la dépecer, héron étalant ses ailes pour faire un cercle d’ombre attirant les poissons, ailes déployées pour séduire ou menacer, etc. Peu à peu les ailes se seraient perfectionnées et adaptées aux divers types de vol.
C’est au Jurassique, dans un milieu forestier surtout tropical que seraient apparus les premiers oiseaux. Sa constance et sa longue durée ont permis leur parfaite adaptation au vol. C’est là que de nos jours, ils sont les plus abondants et les plus variés. Pendant des millions d’années, il y sont restés à l’abri, pour ne s’épanouir qu’au Crétacé. Leur expansion a été favorisée par la régression des dinosaures et l’épanouissement des plantes à fleurs, leur assurant une nourriture abondante (fruits et graines, insectes, nectar)
Entré en relation avec d’éminents paléontologues (Armand de Ricqlès du Collège de France, Philippe Taquet du Muséum,…) M .Pomarède s’aperçut qu’il n’était pas le bienvenu . Ils avaient pris parti pour la théorie dinosaurienne et ils ne souhaitaient pas à être contestés. Bien que le Comité de lecture de l’Académie des sciences ait jugé ses idées « très intéressantes » et souhaité leur publication ( 2 avril 2001), M. Pomarède ne fut pas entendu. C’est qu’en effet de très importantes découvertes avaient été faites en Chine et elles permettait d’espérer la connaissance des ancêtres des oiseaux
L’épisode des dinosaures à plumes
On avait mis à jour dans le Liaoning un gisement fossilifère d’une exceptionnelle richesse, révélant une faune très riche en vertébrés, avec parmi eux, des mammifères primitifs, des dinosaures, des ptérosauriens et surtout des dinosaures à plumes. Ce gisement étant pratiquement du même âge que celui qui, en Europe, avait révélé les archaeoptéryx, les paléontologues eurent vite fait d’y voir la possibilité d’y trouver des intermédiaires entre dinosaures et oiseaux. Ces dinosaures bipèdes et très divers avaient des plumes plus ou moins abondantes, plus ou moins abouties, avec souvent un éventail caudal. Une frénésie s’empara des chercheurs qui décrivirent un grand nombre d’espèces qui firent la une des journaux (Protoarchaeopteryx, Confuciusornis, Caudipteryx, Sinosauropteryx,..) Jusqu’au jour ou un Archaeoraptor présenté comme le chaînon manquant tant espéré se révéla un faux (ARTE, le dinosaure qui a dupé le monde sept. 2004). S’étant rendu dans le Liaoning, pour voir ces fossiles, A.de Ricqlès y constata la présence de nombreux et véritables oiseaux indiscutables, ce qui prouvait que ceux-ci étaient antérieurs aux dinosaures à plumes (annuaire du Collège de France 2000-2001). Au colloque international de Beijing , la théorie dinosaurienne a été très vivement contestée. Depuis un grand silence s’est abattu sur l’origine des oiseaux. et Kevin Padian qui avait écrit « les oiseaux sont de petits dinosaures théropodes couverts de plumes et à queue courte » (Pour la Science avril 1998) a écrit dans La Recherche (oct. 2004) « il faut maintenant nous tourner vers les ancêtres de l’archaeopteryx » . Ces ancêtres, les Coelurosauriens, étant sans plumes, il renonçait ainsi au principal argument en faveur de l’origine dinosaurienne.
Conclusion
La présence de plumes chez des dinosaures ne prouve nullement que ceux-ci sont à l’origine des oiseaux. Mais elle explique la découverte en 1861 des fossiles d’une plume isolée manifestement d’oiseau, et du premier archaeopteryx . Nous savons maintenant que des reptiles ont pu avoir aussi bien des poils (ptérosauriens) que des plumes (dinosaures théropodes), ce qui confirme l’origine commune de ces formations. Apparition trop tardive des plumes ou manque d’un milieu approprié, les théropodes ont conservé leurs doigts griffus et se sont orientés vers la course avant de disparaître..
Il existe actuellement de petits lézards suffisamment légers et rapides pour courir sur l’eau et nager occasionnellement (Basiliscus du Mexique). Les lointains ancêtres des oiseaux ont pu leur être semblables. Vivant au bord des eaux, coureurs bipèdes, se nourrissant d’insectes dont ils auraient récupéré les caroténoïdes, ils auraient peu à peu acquis des plumes grâce à une sélection sexuelle. Cette apparition déterminante, n’était pas décisive. Les sauts en forêt auraient conduit au vol battu en réactivant les gènes de la nage.
Les oiseaux sont donc le fruit d’une longue évolution, où le milieu (climat, environnement) a joué un grand rôle dans le développement d’aptitudes initiales.
15:40 Publié dans Sciences et technologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : oiseaux, dinosaures, évolution, vol, plume, origine, vol battu
les oiseaux ne sont pas des dinosaures !
Selon une opinion très répandue les oiseaux seraient les fils des dinosaures.
Mais cette croyance semble due à des conclusions hâtives et à une méconnaissance des oiseaux . Elle doit surtout son succès à l’absence d’une autre théorie et à l’engouement des médias, ravis de ressusciter des créatures que l’on croyait disparues depuis 65 millions d’années.
Des conclusions hâtives.
Parce que l’archaeopteryx découvert en 1861 avait des plumes on en a fait un oiseau et parce que son squelette était celui d'un dinosaure théropode (bipèdes coureurs) on a fait de ces dinosaures les ancêtres des oiseaux. En courant et en battant des bras ils auraient acquis des ailes, leurs écailles en s’allongeant devenant des plumes et le vol plané conduisant au vol battu des oiseaux (ref Ostrom et Kevin Padian).
Mais cela est très insuffisant. L’archaeopteryx n’avait pas d’ailes mais des doigts griffus et l’on sait aujourd’hui que les ptérosauriens (reptiles volants) avaient des poils, mais on n’en fait pas les ancêtres des chauves-souris. L’aile de l’oiseau est un complexe associant des plumes à une main étroite et allongée, aux doigts absents, à la paume réduite à deux os. Elle n’a pu naître de la course car celle-ci s’accompagne de mouvements alternes des bras alors que le vol demande des mouvements synchrones. On a alors imaginé de faire grimper l’archaeopteryx aux arbres, grâce à ses fortes griffes, puis de se lancer dans le vide pour planer. Mais le vol plané des oiseaux ne doit pas être confondu avec le prolongement de chute pratiqué par les écureuils volants, car c’est un vol acquis, qui ne peut exister seul, des phases de vol battu sont nécessaires pour trouver les courants aériens et il résulte de la maîtrise du vol
La théorie dinosaurienne n’explique pas le vol
Et l’oubli de Darwin.
Nous savons, que selon Darwin, le principal moteur de l’évolution animale est la sélection naturelle : celle-ci développe ce qui est utile ; l’inutile, le préjudiciable finissant pas disparaître. Mais pour que des écailles deviennent des plumes, il aurait fallu qu’elles présentent un avantage en vue du vol. Or comme l’a remarqué Stephen Jay Gould, elles sont sans intérêt pour cela. « Une ébauche d’aile ne peut présenter des chances de survie que si elle soutient déjà ». (cf. La foire aux dinosaures)
La forme aplatie des plumes n’est pas expliquée car des écailles développées dans un but protecteur seraient plutôt devenues un pelage comme chez les mammifères.
La théorie dinosaurienne n’explique pas l’apparition des plumes.
Pour passer à l’aile des oiseaux, il aurait fallu que les doigts de l’archaeopteryx disparaissent complètement, or ils sont bien développés et pourvus de griffes puissantes. Ils sont apparemment utiles et la sélection naturelle ne pouvait donc les supprimer. Leur suppression brutale par une mutation aurait été un handicap mortel. Les ailes ont dû naître autrement.
Maurice Pomarède
« maurice.pomarede@wanadoo.fr »
« originedesoiseaux. monsite. orange. fr »
M.Pomarède, agrégé des sciences naturelles a été enseignant-chercheur à Montpellier. Il est devenu officier du mérite agricole et des palmes académiques ; il est officier de l’ordre national du mérite.
15:39 Publié dans Sciences et technologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : oiseaux, dinosaures, évolution, vol, plume, origine, vol battu
07.08.2008
L’inné de la bipédie aux oiseaux et aux mammifères
L’inné
De la bipédie aux oiseaux et aux mammifères
Chez les oiseaux, le vol battu est inné, dû à des mouvements synchrones des bras, probablement acquis par des ancêtres reptiliens, à l’aspect de lézards, vivant au bord des eaux, et sachant nager, car ces mouvements sont ceux de la nage. Par la suite, est venue l’acquisition des plumes, liée à une sélection sexuelle s’exerçant sur des expansions cutanées (initialement protectrices) ayant acquis la faculté d’accumuler des pigments colorés d’origine alimentaire. Elle a conduit à des plumes aplaties, longues et larges pour leur donner un maximum de surface. Cette sélection aurait été favorisée par une vie en milieu très dégagé (plages ou rochers) où les individus pouvaient s’exhiber, mais aussi courir après les insectes ou pour fuir. D’où des individus coureurs et emplumés, chez lesquels la bipédie aurait fait apparaître les ailes : en recouvrant les griffes, les plumes auraient permis leur disparition. Le passage en milieu forestier et les sauts de branche en branche, aurait conduit à la découverte du vol . C’est suite à l’allongement des plumes, venant compenser la régression des doigts, que les griffes devenues inutiles ont pu disparaître. Le vol battu, les sauts ont conduit au vol typique des oiseaux.
Les mêmes lézards auraient pu conduire aux mammifères. Dans leur cas, les mêmes expansions (apparues au permien), faute de pigments colorés (caroténoïdes) auraient conduit au pelage, mais les poils ne font pas plus un mammifère que les plumes ne font un oiseau, car il faut expliquer les mamelles et le lait. Aux poils auraient été liées des glandes destinées à les humidifier. De telles glandes existaient probablement chez les oiseaux mais elles ont disparu, suite à la mise en place du plumage ; ne persistant que sous la forme d’un seule glande uropygienne volumineuse, servant à graisser les plumes. Probablement les premiers mammifères ont été ovipares (comme l’échidné) puis ovovivipares ; évolution observée chez des reptiles (orvet vivipare, vipère ovovivipare). Les jeunes restant blottis entre les pattes contre la région génitale et alimentés par les parents. C’est dans cette région que des glandes sollicitées par léchage auraient produit une sécrétion lactée dont les jeunes se sont nourris en léchant les poils. Dans cette régions, ces glandes prenant de l’importance ont donné une région lactifère qui a évolué en mamelles. Par la suite, la région lactifère s’étirant, serait devenue une double ligne génératrice de paires de mamelles (euthériens) ou aurait migré dans une poche (métathériens :marsupiaux). A noter que le jabot des pigeons et de divers oiseaux produit une substance nutritive analogue à du lait et d’ailleurs appelé lait du pigeon, qui est le premier aliment des jeunes.
Apparus au Jurassique en milieu forestier, les oiseaux ont évolué en fonction de son importance et de sa durée. Ceux qui ont vécu longtemps en forêt tropicale alors très répandue, ont pu en raison de sa constance et de sa très longue durée, y acquérir une importante adaptation au vol. La remarquable unité de la classe des oiseaux n’a pas d’autre origine. L’adaptation a concerné surtout la respiration, source d’énergie. Les poumons suite à un blocage de la cage thoracique permise par les apophyses uncinées d’origine reptilienne, y ont développé des sacs aériens, venant se loger entre les organes. Le blocage a été induit par la nécessité d’assurer aux muscles du vol un appui sûr. Il a entraîné l’apparition d’une ventilation originale, liée à une structure capillaire des poumons. Le couplage avec la double circulation (acquise probablement avec l’homéothermie) assurant un rendement optimum. L’excrétion s’est modifiée : les oiseaux défèquent en s’envolant, ce qui allège leur corps ; les besoins en eau ont étés diminués, grâce à une urine solide et au rôle isolant des plumes. Des oiseaux des déserts peuvent voler jusqu’à une point d’eau et y emmagasiner de l’eau sous leurs plumes pour l’apporter à leurs jeunes. La digestion est rapide. Il est probable que le développement du cerveau est lié au vol (qu’on pense au tableau de bord d’un Airbus) et qu’il a commencé très tôt d’où le crâne arrondi de Cosesaurus. Le bec très mobile (c’est un progrès que les mâchoires dentées comment le montrent des dinosaures), s’est diversifié et spécialisé. Selon Jerison, la cérébralisation a conditionné la maîtrise du vol.
Les oiseaux qui ont échappé à cette action de la forêt, n’ont pas acquis tous ces avantages. Certains se sont orientés vers la course, liée à une augmentation de leur taille et sont devenus les ratites aux ailes restées réduites. Mais bénéficiant d’un abri facile à atteindre, la plupart des oiseaux ont nidifié dans les arbres et certains se sont même associés à des arbres ou à des buissons à fleurs pour assurer leur pollinisation. Des fleurs se sont adaptées à cela (vives couleurs, étamines pendantes, long pistil avec nectaires à sa base). Les oiseaux à dents, qui ont disparu au Crétacé, montrent que l’acquisition d’un bec a été un progrès : il est bien plus plastique que les dents et sa croissance continue est un avantage. Des dinosaures d’ailleurs ont aussi acquis un bec venu se substituer à leurs dents.
Les dinosaures à plumes issus d’un phylum sans rapport avec celui des oiseaux, montrent combien l’action du milieu a pu être capitale ; ayant conservé leurs doigts griffus et restés coureurs, ils n’ont pu acquérir de véritables ailes. L’épanouissement des oiseaux a commencé à la fin du Jurassique, mais les oiseaux se fossilisant mal (petite taille et fragilité des os), on connaît surtout ceux vivants sur des rivages et les formes géantes qui ont prospéré dans les plaines. Il y avait encore de ces oiseaux géants au début du Tertiaire, ce qui montre que le cataclysme qui aurait anéanti les dinosaures les a épargnés. Il y en avait encore au début de l’Ere tertiaire. Leurs œufs ont pu entraîner des confusions avec ceux des dinosaures.
Les mammifères seraient apparus aussi au Jurassique mais ils sont restés très discrets ; l’abondance des dinosaures les condamnant à une vie nocturne ou crépusculaire, que favorisait leur homéothermie. Les petits sont surtout connus par leurs dents, le milieu forestier étant peu favorable à la fossilisation. La disparition des dinosaures leur a permis de gagner les plaines où ils ont pu acquérir une grande taille et se diversifier.
C’est au Trias que de nombreux reptiles à l’aspect de lézard, ont tenté la conquête des airs. L’acquisition d’une membrane alaire a été le moyen le plus simple, celle-ci étant soutenue par les membres. Au départ apparition d’une membrane interdigitale, puis incorporation des membres avec ou non participation de la queue. Le même processus a conduit aux ailes des chauves-souris. On peut penser que les reptiles triasiques aux ailes membraneuses pratiquaient seulement le vol plané, apparu pour prolonger la chute. Le vol ne sera pratiqué par les Ptérosauriens que grâce à l’homéothermie permise par la présence de poils ; mais est-ce bien encore des reptiles ? L’armature osseuse ou cartilagineuse de ces membranes a pu s’obtenir de façons différentes. .De nombreux reptiles actuels ont des expansions membraneuses plus ou moins colorées et importantes, ayant valeur de caractères sexuels secondaires.
Plus compliquée est l’apparition des plumes. Elles auraient pu apparaître à la suite d’une sélection sexuelle concernant des expansions cutanées. Mais généralement ces expansions, restées trop localisées (cas de Longisquama aux plumes dorso-médianes), sont restées décoratives et elles ne pouvaient conduire au vol. Les oiseaux sont nés d’une suite d’acquisitions dont l’enchaînement n’était pas obligatoire, car à l’action du milieu se sont ajoutés des acquis propres aux oiseaux . Il a fallu :
- l’apparition d’expansions cutanées (en liaison avec un refroidissement ?).
- l’accumulation de pigments colorés dans ces expansions ; ces pigments (caroténoïdes) étant issus de l’alimentation et donnant des couleurs vives.
- l’apparition d’une sélection sexuelle conduisant aux plumes et au plumage.
- un milieu dégagé favorable à son expression. Ce milieu a favorisé la bipédie acquise pour fuir les prédateurs et chasser les insectes.
- la régression des mains et de leurs doigts due à la bipédie, avec par compensation l’allongement des plumes de la main devenant rémiges.
- la disparition des griffes permettant la réalisation des ailes.
- Le passage en milieu forestier au sera découvert le vol .
La fixation des caroténoïdes et les mouvements synchrones des bras étant particuliers aux oiseaux..
L’apparition des oiseaux était bien moins probable que celle des Ptérosauriens.
L’élimination de ces derniers serait due à la supériorité de la reproduction des oiseaux (nidification) et à celle de leur cerveau.
L’élimination de dinosaures serait surtout due à leur taille excessive (besoins et vulnérabilité accrus) et à la concurrence des mammifères.
11:13 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : oiseaux, dinosaures, évolution, vol, plume, origine, vol battu


